Sarajevo est une ville compacte, étirée dans une vallée, où l'essentiel se parcourt à pied. Le coût de la vie figure parmi les plus bas d'Europe, pour le logement comme pour la restauration. La vie sociale s'organise autour des cafés, très nombreux et ouverts tard. La montagne se rejoint en trente minutes, ce qui compense l'exiguïté de la ville. Les points faibles tiennent aux salaires bas, à la lenteur administrative et à la pollution hivernale.
La pollution de l'air en hiver est le problème le plus documenté de Sarajevo. Trente à quarante mille foyers du bassin se chauffent au bois humide ou à la biomasse, dans des poêles peu performants. S'y ajoutent un parc automobile ancien et des centrales au charbon régionales. Le relief en cuvette et les inversions de température piègent l'air pendant plusieurs jours. Les pics dépassent régulièrement les seuils sanitaires entre novembre et février. Les autorités déclenchent alors des mesures d'urgence, avec restriction du trafic, arrêt des chantiers et consignes pour les écoles. Le reste de l'année, l'air redevient correct.
Sarajevo est une ville sûre, y compris la nuit et pour les femmes seules. La délinquance violente y est rare. Les vols à la tire existent à Baščaršija, dans les tramways bondés et autour des sites touristiques. La circulation routière constitue le vrai risque, la Bosnie-Herzégovine affichant l'un des taux d'accidents les plus élevés d'Europe. Les mines héritées de la guerre ne concernent pas la ville, mais subsistent sur d'anciennes lignes de front.
L'administration se répartit entre l'État, l'entité, le canton et la commune, ce qui allonge les démarches et multiplie les guichets. L'électricité est fiable et bon marché. Le réseau d'eau, ancien et très fuyard, impose des coupures programmées dans certains quartiers en période de sécheresse. La collecte des déchets fonctionne en ville, le tri beaucoup moins. Le chauffage urbain dessert une partie des immeubles collectifs.
Le tramway suit le fond de la vallée entre Baščaršija et Ilidža, complété par des trolleybus, des autobus et des minibus vers les hauteurs. Le ticket coûte moins de deux marks et s'achète aux kiosques ou auprès du conducteur, puis se composte à bord. Les trolleybus desservent les quartiers de l'ouest, dont Dobrinja, proche de l'aéroport. Les taxis sont nombreux, équipés de compteurs et peu chers. Les embouteillages saturent l'axe est-ouest aux heures de pointe, faute d'itinéraire de contournement dans la vallée.