Trois langues coexistent en Bosnie-Herzégovine, le bosnien, le croate et le serbe. Elles reposent sur le même système linguistique et leurs locuteurs se comprennent sans traducteur. Les différences tiennent au vocabulaire, à quelques formes grammaticales et surtout à l'histoire politique du pays. À Sarajevo, la variante employée est le bosnien, qui garde de nombreux mots venus du turc. Beaucoup d'habitants parlent simplement de notre langue, pour éviter la question nationale.
L'alphabet latin domine à Sarajevo et dans toute la Fédération. Le cyrillique s'emploie surtout en Republika Srpska, sur les documents officiels et une partie de la signalisation. Les deux écritures se correspondent lettre pour lettre. Un voyageur qui circule dans l'ensemble du pays gagne à reconnaître quelques caractères cyrilliques pour lire les noms de villes.
Toutes les lettres se prononcent et l'orthographe est régulière. Le j se dit comme un y, le c comme ts, le š comme ch, le ž comme le j de jour, le č et le ć comme tch, le đ et le dž comme dj. Le nj équivaut à gn et le lj à un l mouillé. Le h est aspiré et le r roulé.
L'anglais est largement compris chez les moins de quarante ans, dans l'hôtellerie, les cafés du centre et les commerces touristiques. L'allemand et le turc circulent également, par la diaspora et les liens historiques. Le français reste rare dans la rue. L'Institut français de Bosnie-Herzégovine, installé à Sarajevo avec des antennes à Banja Luka et à Mostar, propose des cours et des certifications. Le Collège international français de Sarajevo scolarise en français.
La poignée de main accompagne les présentations, y compris entre inconnus. Le vouvoiement s'impose avec les personnes plus âgées et dans les administrations. L'invitation à boire un café structure la vie sociale et se refuse difficilement. Les questions sur la guerre, la religion ou l'appartenance nationale mettent mal à l'aise quand elles viennent d'un visiteur de passage.