Sarajevo vit au rythme de plusieurs calendriers religieux. Fêtes musulmanes, catholiques et orthodoxes se succèdent au fil de l'année. Les traditions profanes tiennent une place au moins aussi importante dans la vie quotidienne.
Deux Bajram structurent l'année bosniaque. Le Ramazanski bajram clôt le mois de jeûne. Le Kurban-bajram intervient environ soixante-dix jours plus tard. Les familles se rendent visite pendant trois jours et les pâtisseries circulent de maison en maison.
Pendant le mois de ramadan, un canon tire chaque soir depuis la Žuta Tabija, ancien bastion du quartier de Vratnik. Le coup marque l'heure de l'iftar, la rupture du jeûne. La tradition a plus d'un siècle. Interrompue sous la Yougoslavie socialiste, elle a été rétablie au début des années 1990. Les restaurants de Baščaršija servent alors des repas d'iftar et le pain somun se vend en fin de journée.
Les catholiques de Sarajevo célèbrent Noël le 25 décembre. Les orthodoxes le fêtent le 7 janvier, selon le calendrier julien. Les familles serbes marquent aussi la slava, la fête du saint patron du foyer, inscrite par l'UNESCO au patrimoine culturel immatériel en 2014. Le Nouvel An civil reste très populaire et donne lieu à des concerts en plein air.
Le sevdah désigne à la fois un répertoire de chansons et une manière de les écouter. Les cafés et les petites salles du centre en programment régulièrement. Des ensembles de danse traditionnelle se produisent au festival international de folklore, en juillet. Les Nuits de Baščaršija leur réservent aussi une place, aux côtés du théâtre et de la musique classique.
Le café se prépare dans une petite cafetière de cuivre appelée džezva. Il se boit dans un fildžan, une tasse sans anse, accompagné d'un morceau de rahat lokum. La consommation prend du temps et sert de cadre à la conversation. Ce rituel reste le point de rencontre le plus courant entre habitants.